Alors que le doute planait encore avant le départ en vacances de la candidate du RN sur la réforme qu’elle défendrait — Jordan Bardella, lui, avait fait miroiter une proposition de réforme sans âge légal de départ, dans le cas où il aurait porté les couleurs du parti —, la quadruple candidate à l’élection suprême a répété qu’elle défendrait le principe d’un retour à un âge légal de 60 à 62 ans suivant l’âge de l’entrée sur le marché du travail. Elle a dit “assumer” le coût supposé d’une telle réforme — 9 milliards d’euros par an, selon elle —, qu’elle a qualifiée de “choix de société”.
Hasard de l’actualité (ou pas) : au moment même où Marine Le Pen s’exprimait, Le Figaro annonçait que François Durvye, ancien collaborateur de Pierre-Edouard Stérin devenu conseiller économique de Jordan Bardella, polytechnicien et libéral assumé, avait décidé de ne pas participer à la campagne présidentielle de la championne du RN, en raison de ses divergences avec la candidate sur sa ligne économique.
On savait que le parti à la flamme préparait un contre-budget pour 2027, on connaît désormais l’ampleur affichée de son volet économies : “125 milliards d’euros”. Cette trajectoire “de rétablissement des finances publiques” sera présentée “avant les débats budgétaires”, soit début octobre, a promis la candidate. Sans s’avancer sur des postes de dépenses particuliers, Marine Le Pen a cité pêle-mêle “l’Union européenne, l’immigration, de nombreux instituts obscurs”. Par ailleurs, elle s’est dite favorable à “l’inscription d’une règle d’or dans la Constitution”.
2. Jean-Luc Mélenchon persiste et signe sur l’annulation de la dette
Pour sa première venue à la rentrée du Medef, le leader de La France insoumise a choisi son registre : l’interpellation des patrons — et ses concurrents qualifiés “d’assemblée des magiciens” qui ne “[veulent] plus rien payer” et discréditent sa proposition d’annuler les 18% de la dette française détenue par la Banque centrale européenne. Lui a décidé d’enfoncer le clou : “C’est une dette à nous-mêmes […]. Les Américains font ça, ils viennent de se racheter leur propre dette, et nous, on serait les seuls de l’univers à renoncer à cette possibilité ?”
Autre appel, cette fois, à destination de l’audience : “Je vous mets en alerte : le budget Lecornu, plus l’inflation alimentaire, si vous n’augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession”, avant de défendre ensuite l’augmentation du Smic.
Le candidat Insoumis a fermé la porte à la TVA sociale défendue par Patrick Martin. Idem pour la retraite par capitalisation : il faudrait “cotiser deux fois plus”. Pour rétablir les comptes publics, Jean-Luc Mélenchon a titillé son auditoire en imaginant, de manière “très provocante”, la suppression de toutes les aides publiques aux entreprises.


